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Gabon, Angola, Argentine, Indochine, Russie, Norvège, Alaska, Arabie Saoudite, Oman, Irak… Et pourquoi pas Alsace ? Aujourd’hui, les grands groupes pétroliers réalisent à l’étranger des bénéfices colossaux, qui dépassent toute imagination. Hier, le pétrole a modestement fait vivre le nord de l’Alsace, l’Outre-Forêt. Deux visions, deux mondes pour un même produit : l’or noir.

C’est en cherchant une source thermale qu’un Alsacien découvrit du pétrole en 1498. L’huile de roche flottait à la surface de l’eau d’un ruisseau, juste à côté de Merkwiller-Pechelbronn. Jusqu’en 1735, cette huile, simplement recueillie, servait uniquement à l’élaboration des onguents et des baumes utilisés dans le soulagement de maladies de la peau. Le pétrole était antiseptique. Mais un futur médecin, préparant sa thèse, chauffa le produit pour découvrir ce qu’il pouvait en obtenir. Avec la publication de cette thèse, la présence du pétrole en Alsace devint une réalité connue au-delà des frontières régionales et, cinq ans plus tard, son exploitation véritable commençait; « A partir de 1740. on creusa pour récolter le pétrole. explique Daniel Rodier, chirurgien-dentiste, passionné par l’histoire de l’or noir en Alsace Sous sa forme primitive graisser et ainsi à cor métalliques à l’abri de la rouille ,à asphalter pour étanchéifier les bassins des fontaines et les col Deux points de venu ouverts, à Strasbourg t l sa commercialisation. époque, un certain Ancillon de la Sablonnière, flairant la bon créa la première compagnie pétrolière par actions. Cet homme n’était pas un visionnaire, puisque la civilisation du « bitume » existait en Mésopotamie 2000 ans avant Jésus-Christ.

L’arrivée des Le Bel

1762 représente une date importante dans l’histoire de Pechelbronn ; elle correspond à l’arrivée du premier des Le Bel, une famille pi originaire des environs de Toulouse. Antoine Le Bel installa la première petite usine, le « laboratoire ». Là, par lessivage du sable bitumeux à l’eau «bouillante, les trois éléments étaient séparés, le sable se retrouvant au fond lu chaudron et le pétrole flottant à a surface de l’eau.

pendant les trois générations suivantes, jusqu’en 1889, les Le Bel œuvreront aux destinées de l’exploitation, récoltant du pétrole mais aussi faisant tra­vailler la terre à des fermiers. Une double activité – salutaire à l’époque en cas de crises liées à la versatilité du marché pétrolier – qui perdura, pour la grande majorité des ouvriers du pétrole, jusqu’à la fermeture du site.  » Pechelbronn employait des hommes venant de villages jusqu ‘à 30 kilo­mètres à la ronde, poursuit Daniel Rodier. La majorité possédait un peu de terre exploitée en polyculture en parallèle du travail à la mine. C’est ce qui explique l’absence de cité minière ici et la conservation d’une certaine ruralité. L’exploitation du pétrole était une industrie agricole. »

Le quatrième représentant de la famille, le chimiste Joseph Achille Le Bel (1847-1930), découvrit l’asymétrie moléculaire. Ce qui permit de développer la pétrochimie et les produits dérivés du pétrole. Ainsi, à toutes les époques, l’espace autour de Pechelbronn servit de terrain d’expérimentations au profit des champs pétrolifères internationaux. Autres exemples : en 1813 se déroula la première expérience de forage mé­canique. Sa reconstitution est toujours présente en forêt sur le lieu d’origine. Puis, en 1927, les frères Schlumberger essayèrent ici une sonde électrique pour déceler le pétrole contenu dans les roches. Une première mondiale. Plus près de nous, en 1982, fut menée une expérimentation destinée à rendre liquide les schistes bitumineux pour en pomper plus facilement le pétrole. Il existerait au Canada d’importantes réserves se présentant sous la même forme que celle d’Alsace.

Le déclin

En 1889, le dernier Le Bel, scientifique comme ses ancêtres, vendit les biens familiaux par manque de moyens pour investir et développer le site. Différentes sociétés se succédèrent et, en 1920, la SAEM (Société alsacienne d’exploitation minière) prit le contrôle de Pechelbronn. La société Antar investit en Alsace dès 1927 et, vingt-deux ans après, s’amorça le déclin. Pourtant, en 1949, on découvrit un gisement de pétrole jaillissant avec force du sol, mais ce ne sera qu’un feu de paille. Une grande manifestation ouvrière exprimant le refus et l’incompréhension de ce déclin se déroula devant la sous-préfecture d’Haguenau en 1951. Ernest Popp, à l’époque agent technique de laboratoire, se souvient de la délégation reçue à Paris par le ministre du Travail : elle se composait de délégués syndicaux, de conseillers généraux, d’un député et des représen­tants des religions catholique et protestante. Mais comment le pétrole de Pechelbronn, avec un coût d’exploitation  revenant à 21 centimes le litre, aurait-il pu résister à celui venant des États-Unis, deux fois moins cher ? Toute exploitation cessa donc en 1961, et la raffinerie fut transformée en usine chimique qui, jusqu’en 1970, produisait un additif nécessaire à l’huile de moteur. Un trait (gras) était tiré sur les 450 kilomètres de galeries, sur les 3 000 employés de 1917, sur les puits descendant jusqu’à 400 mètres de profondeur, sur les quelque 1 000 pompes, sur les 80 000 tonnes extraites annuellement. .. « Avec 3,3 millions de tonnes de pétrole en 200 ans, la production alsacienne correspond à une journée de production de l’OPEP, constate Daniel Rodier. Les gisements autour de Paris, en Alsace et en Aquitaine tous réunis n ‘auraient pas suffi à la consommation française. De plus, les problèmes de Pechelbronn sont arrivés avec le développement de la voiture de monsieur Tout-le-Monde. La demande d’essence a alors grimpé en flèche, malheureusement le produit de certains forages ne donnait pas plus de 5 % d’essence. » En effet, le brut de Pechelbronn était relativement épais. Ne convenant pas pour la production de carburants, il était transformé en huile et en paraffine.

Sans casque ni lampe frontale

Le feuillage des arbres danse doucement dans la brise printanière. L’ombre va et vient sur une flaque sombre. Ici, ce n’est pas l’eau qui sourd sous les frondaisons, c’est du pétrole. Un ancien puits est depuis longtemps obstrué mais, par suintement, la matière noire remonte à la surface, mélangée à de l’eau. En bordure de cette flaque, un chêne respectable voit le pied de son tronc recouvert d’une huile grasse. Malgré la présence du pétrole, la nature vit. Ce n’est pas le moindre des paradoxes de Pechelbronn. Et cette odeur, qui rend tout doute impossible ! Henri Haessig la connaît bien, lui qui pompait le pétrole au fond de la mine. Aujourd’hui à la retraite à Lampertsloch, il était également agriculteur. Pendant six années, de 1948 à 1954, il a travaillé en équipe avec un mineur et un aide mineur. Lui, il était rouleur. Son travail consistait à pousser les wagonnets dans les galeries étayées pour évacuer les résidus du front de taille. Sous la surface de la terre, la présence de schistes bitumeux alternait avec celle de lentilles au sein desquelles le pétrole attendait à l’état liquide. Les hommes évoluaient au cœur d’un véritable gruyère. « On réalisait des galeries qui couraient juste au-dessus des lentilles contenant le pétrole. Ensuite, on creusait verticalement pour l’exploiter.

Pendant quelques mois, j’ai aussi pompé le pétrole dans ces lentilles. On n ‘avait ni casque ni lampe frontale. La casquette, la culotte, une lampe à la main : voilà tout l’équipement du mineur. Mais à l’entrée de chaque puits, on trouvait un bistrot où on venait boire un coup après avoir passé huit heures au fond du trou à 40 °C de température. On buvait une bière… Après trois, on chantait. Aucun bistrot n’a fait faillite », sourit-il malicieusement.

Le travail était certes pénible, mais Pechelbronn offrait à Henri une couverture sociale et un moyen de gagner son propre argent. « On allait à la mine parce qu ‘elle était à côté, poursuit-il. On ne posait pas d’autres questions. » Avant lui, son père aussi travaillait pour Pechelbronn. Quand le travail de la ferme était achevé, il devenait voiturier pour les équipes de sondage. Une tradition familiale. En 1954, Henri partit trouver meilleure fortune ailleurs. Il occupa plusieurs postes chez De Dietrich ou Michelin en Allemagne.

Pendant que les mineurs trimaient sous la terre, d’autres hommes occupaient des fonctions tout aussi importantes. Jean Allenbach, de Bischwiller, exerçait la profession de sondeur. Entré en 1947 à l’école des maîtres sondeurs d’Haguenau, il circula quatre années entre cette école et Pechel­bronn. Comme Henri Haessig, il était venu au pétrole sans se poser de questions. Enfin, si ! peut-être… car déjà à cette époque il devinait que son futur métier de sondeur pourrait le porter vers des pays lointains. Et de fait, dès 1961 il effectua des forages pour l’eau, le gaz, la potasse et surtout pour le pétrole aux quatre coins du monde. Il se souvient avec plaisir, mais sans aucune nostalgie, de ses premières années passées en Alsace : « Au tout début, on n’était pas trop bien payés. Quand je me suis marié, ma femme gagnait plus que moi en étant piqueuse à l’usine de chaussures. On forait à l’aide de derricks en bois. Le travail était exclusivement manuel et on mettait huit mois pour faire un trou de 800 mètres de profondeur. Après 1951, grâce aux aides du plan Mar­shall, notre métier a très vite évolué. Les nouveaux derricks nous permirent de faire le même trou en seulement un mois et demi. Et puis, les recherches sismiques nous permirent de mieux connaître le terrain pour forer plus efficacement. » Aujourd’hui retraité, Jean est un membre actif de l’association gérant le musée du Pétrole de Pechelbronn, car il ne souhaite pas que cette mémoire se perde. « Toute l’histoire du pétrole mondial a commencé ici », assure-t-il.

Une tradition familiale

Du sommet d’un terril, aujourd’hui en partie colonisé par la végétation, la vue s’étend loin sur le pays de l’or noir alsacien. Il est difficile d’imaginer la vie fourmillante qui devait régner ici à l’époque de l’exploitation. Ernest Popp, agent technique de laboratoire -motoriste, en langage commun -, se souvient avoir fait ses premiers pas dans « la synagogue », un laboratoire que les ouvriers de Pechelbronn nommaient ainsi en raison de sa forme. « J’ai commencé à l’âge de 14 ans, en 1938. Ici, chacun avait vu son père ou son grand-père travailler là. C’était familial. J’ai été mécanicien, puis chauffeur, avant de passer au laboratoire en 1954. » Après quinze jours d’essai, on l’envoya deux mois en stage dans une raffinerie extérieure, puis quelques journées, ponctuelle ment, au sein de l’Institut français du pétrole de Rueil-Malmaison, El le voilà, au moment de la fermeture de la raffinerie de Pechelbronn, muté à , de Strasbourg, à Herrlisheim. « (quel que soit le lieu où j’ai travaille, passé ma vie au contact du pétrol, i contrôler les carburants des automobiles et le kérosène des avions à réaction à l’aide d’un moteur mimocylindre qui me permettait de mesurer l’indice d’octane (valeur détonante), la tension de vapeur, la teneur enplomb, le pot de congélation, le point d’inflammation, la courbe de distillation,.. » Comme l’usage du plomb était dangereux, il était, comme ses collègue soumis aune surveillance bisannuel. Mais déjà à l’époque d’Ernest Popp la raffinerie de Pechelbronn transformait le pétrole d’URSS et du Liban qui arrivait par le Rhin depuis le port de Rotterdam. Le pétrole local ne suffisait plus. Et pourtant seulement 25 % des réserves semblement avoir été exploitées… En 1999, 1,54 million de tonnes (2% de la consommation nationale) étaient extraites du sous-sol fiançais : 53 % dans le Bassin pari sien, 46 % en Aquitaine et 1% en Alsace. Alors, aujourd’hui.! l’avenir du site tourne franchement le dos à l’exploitation de l’or noir pour se concentrer sur la géothermie. mais ceci est une autre histoire.

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